Beaucoup de New-Yorkais voient l’Hudson comme un décor au mieux, et une grosse flaque à éviter au pire. Mais sous cette surface trouble, la rivière fait un truc super bizarre : elle change de direction toutes les six heures environ, coulant vers le nord et vers le sud dans un combat quotidien contre les marées.
Au lieu de couler uniquement vers l’océan Atlantique comme la plupart des fleuves, certaines parties de l’Hudson inversent leur cours deux fois par jour. Ce truc touche plus de 240 km du fleuve et fait de l’Hudson l’un des plus grands estuaires à marée des États-Unis.
Pourquoi la rivière Hudson s’écoule-t-elle à l’envers ?
La partie inférieure de l’Hudson est moins contrôlée par la gravité que par les marées de l’océan Atlantique.
Quand la marée monte, l’eau de mer remonte le fleuve, forçant le courant à se déplacer vers le nord. Quand la marée descend, la gravité prend le relais et le fleuve recommence à couler vers le sud en direction du port de New York. Ce cycle se répète deux fois par jour, créant un rythme régulier de courants inversés.
Quand la marée est forte, le courant peut changer de direction à une vitesse pouvant atteindre 2,5 nœuds, soit environ 2,87 miles, et oui, on a vérifié.
« La rivière qui coule dans les deux sens »
Bien avant que la science moderne n’explique ce phénomène, les communautés autochtones Lenape avaient baptisé le fleuve Muhheakantuck, souvent traduit par « les eaux qui ne sont jamais calmes » ou « le fleuve qui coule dans les deux sens ».
Ce nom reflète des siècles d’observation du mouvement constant de l’Hudson.
Où se produit l’inversion
L’influence des marées s’étend au nord de New York jusqu’au barrage fédéral de Troy, juste au-dessus d’Albany. Au sud de ce point, l’Hudson est techniquement un estuaire, un mélange d’eau douce provenant des rivières intérieures et d’eau salée de l’Atlantique.
Contrairement à la partie supérieure de l’Hudson, escarpée et rapide, dans les Adirondacks, cette partie inférieure ne descend que d’environ 1,5 mètre sur plus de 240 kilomètres. Cette pente douce permet aux marées océaniques de dominer le courant naturel descendant de la rivière.
Un écosystème en constante évolution
Comme les marées apportent du sel, des nutriments et des sédiments, l’estuaire de l’Hudson est l’un des écosystèmes les plus dynamiques de la côte est. La salinité, la profondeur de l’eau et les schémas de circulation peuvent changer radicalement en une seule journée.
Résultat : un fleuve qui n’est jamais vraiment au repos, même quand il semble calme en surface.